Histoire de BEA
De l'émotion d'une rencontre à une solidarité entre deux continents
En 2004, un visage d'enfant croisé à Cotonou bouleverse une vie. Derrière les chiffres de la pauvreté et de l'analphabétisme, c'est l'urgence d'agir qui s'impose. De cette émotion naîtra une histoire de solidarité, entre deux hommes et deux continents, pour offrir un avenir aux enfants du Bénin.
L'anecdote fondatrice
En 2004, débarqué à Cotonou pour des raisons professionnelles, l'Afrique noire et le Bénin m'apparaissent dans toute leur cruauté. Alors qu'il m'est donné de visiter une maison en construction de 1 000 m² habitables, je vois un enfant de 8 ans pousser une brouette de béton de près de 60 kilos pour terminer la piscine. Il est 13h. Il travaille depuis 7h30 et n'a encore rien mangé.
De retour à l'hôtel, des recherches révèlent qu'il n'y a que 35 % de gens alphabétisés dans ce pays, parmi les plus pauvres du monde — seulement 25 € de revenu mensuel moyen par habitant. Ici, on a besoin des enfants pour « faire bouillir la marmite ». Mais une fois adultes, que feront-ils, ces enfants d'aujourd'hui qui ne sauront ni lire ni écrire ?
La rencontre
Le directeur de l'hôtel Sheraton me conseille de rencontrer Euric GUIDI, une personnalité reconnue localement pour ses initiatives de terrain. Euric me raconte son pays, qu'il aime, et où il a décidé de rester vivre alors qu'il pourrait travailler en Europe.
Ingénieur agro-économiste et Directeur technique de l'AGeFIB (l'Agence de Financement des Initiatives de Base), il avait étudié 7 ans en ex-URSS. Il aide tous ceux qu'il peut, mais seul, il ne peut pas tout. C'est là qu'est née l'idée de faire des choses ensemble pour ces enfants.
Le week-end suivant, Euric me propose de visiter les écoles primaires et collège de Comé, quartier Djacoté. Ensemble, ils décident d'aider les enfants orphelins, parmi les plus défavorisés, à suivre une scolarisation durable.
La naissance des ONG BEA
La rencontre de Paul DARMON, français-l'occidental, et Euric GUIDI, béninois-l'africain, est à la base de ce mouvement. Face à la situation des plus jeunes, la première question est simplement : comment être utile ?
Après réflexion, ils ont décidé de structurer l'action qui deviendra Bénin Enfants & Avenir en 3 points :
Permettre aux familles vulnérables de scolariser les enfants. Le taux d'analphabétisation était de 65 % en 2006, 58,3 % en 2011, 49 % en 2025.
Le maximum d'argent collecté doit être reversé pour la cause. 1,00 € collecté = 0,92 € distribué. Frais de fonctionnement inférieurs à 8 %.
Reconnu à la fois par les autorités du Bénin et celles de la France, pour garantir la destination des fonds.
Ces deux entités créées travaillent directement l'une avec l'autre et réalisent des échanges de fonds en garantissant leur destination sans subir l'intervention d'administrations extérieures à la cause.